Trafics voie d'eau 2025
Trafic 2025 du Port de Bruxelles : une année en net recul dans un contexte économique et opérationnel difficile
Le Port de Bruxelles publie aujourd’hui ses chiffres de trafic pour l’année 2025. Dans un contexte économique, géopolitique et institutionnel particulièrement défavorable, le trafic fluvial à Bruxelles enregistre un recul marqué, tant pour le trafic propre que pour le trafic de transit.
Un trafic global en baisse significative
En 2025, le trafic global par voie d’eau s’établit à 5,41 millions de tonnes, soit une diminution de 13,6 % par rapport à 2024.
Le trafic propre — les marchandises chargées et déchargées à Bruxelles — recule de 11,1 %, tandis que le trafic de transit enregistre une baisse plus prononcée de 21,6 %.
| 2025 | 2024 | Evolution | |
|---|---|---|---|
| Trafic propre | 4 232 365 | 4 758 526 | -11,1% |
| Trafic de transit | 1 180 165 | 1 504 614 | -21,6% |
| Trafic global | 5 412 530 | 6 263 140 | -13,6% |
Une conjonction de facteurs largement exogènes
Depuis le rebond observé en 2021, le trafic fluvial à Bruxelles affiche des volumes globalement constants. La baisse observée en 2025 résulte d’une conjonction exceptionnelle de facteurs conjoncturels.
Le ralentissement durable du secteur de la construction et de la rénovation — qui représente environ 60 % des trafics par voie d’eau à Bruxelles — a fortement pesé sur les volumes transportés. Cette situation a été aggravée au second semestre par l’arrêt de plusieurs grands chantiers significatifs.
Le trafic de transit a, quant à lui, été fortement impacté par des événements majeurs sur l’axe Anvers–Bruxelles–Charleroi, notamment l’effondrement du pont de l’autoroute E42/A15 à Houdeng et de nombreux travaux indispensables de maintenance et de rénovation des infrastructures. Au total, 232 jours d’interruption de navigation ont été enregistrés en 2025 en divers points de l’axe Anvers-Bruxelles-Charleroi.
Des évolutions contrastées selon les marchandises
Toutes les grandes catégories de marchandises sont en recul, à l’exception des conteneurs — en légère progression en tonnage — et des produits métallurgiques, dont les importations ont fortement augmenté dans un contexte de marché international particulier.
La baisse des matériaux de construction (-12%), principale catégorie du trafic propre, s’explique en grande partie par une chute de 35 % des évacuations de terres et décombres de chantier.
Les produits pétroliers retrouvent quant à eux un niveau comparable à celui observé en 2023, après une hausse conjoncturelle en 2024. Cette évolution s’inscrit par ailleurs dans une tendance de fond, liée aux changements progressifs des habitudes de consommation et à l’évolution de la société, notamment le développement des véhicules électriques, le recours accru aux pompes à chaleur et, plus largement, la transition vers des modes de production et de consommation moins dépendants des énergies fossiles.
Un impact environnemental qui demeure significatif
En 2025, malgré la baisse des volumes, le transport fluvial a permis d’éviter environ 505 000 mouvements de camionssur les routes de la Région bruxelloise. Alors que la congestion des routes s’accentue d’année en année, la voie d’eau demeure un levier essentiel pour contenir la pression sur la mobilité urbaine et accompagner la transition vers une logistique plus durable.
Les croisières fluviales confirment leur attractivité
Le secteur des croisières fluviales reste lui en très bonne santé, avec plus de 33 500 croisiéristes internationaux. Le nombre de bateaux en escale continue d’augmenter, et 169 réservations sont déjà confirmées pour 2026, confirmant l’attrait croissant de Bruxelles comme destination fluviale.
Gert Van der Eeken, directeur général du Port de Bruxelles, déclare :
« L’année 2025 a été marquée par une accumulation de facteurs défavorables externes qui ont pesé lourdement sur le trafic fluvial à Bruxelles. Ces résultats doivent être lus à la lumière de ce contexte exceptionnel. Le Port de Bruxelles poursuit néanmoins sa mission de service public, en garantissant l’approvisionnement de la capitale par la voie d’eau, et en préparant l’avenir à travers la diversification des activités et le développement d’une logistique urbaine durable. »